2021
Installation, peinture, céramique, vidéo, performance…, toute technique à même de susciter l’émergence d’une forme plastique ou visuelle inspire de façon prolifique Agnès Pezeu, artiste plasticienne basée à Paris. Son but, dans l’optique de Paul Klee, n’est pas tant de reproduire le visible que de « rendre visible ». Donner une figure aux pulsions, à l’image mentale qui passe, au désir qui veut s’incarner dans une forme, à la sensation que la matière prodigue quand on l’ouvrage… L’art, pour l’occasion, est compris comme une formule où le faire se substantifie dans une forme que l’on va dire presque libre, à la fois contrainte et imaginaire. Une tête d’animal devient un totem ; une cible de tir se voit recouverte de peinture, son sens dévié ; des langues de terre cuite, multipliées, semblent nouer un dialogue avec l’espace, muettes pourtant ; des fleurs de terre deviennent étrangement organiques ,… On voyage avec Agnès Pezeu entre la belle forme qui séduit et l’empreinte physique de notre moi profond. Les œuvres, chez elle, sont des attrape-vie, cette vie que nous passons au contact des choses et des êtres en tentant du mieux possible de ne pas en perdre toute la substance.
Pour cette exposition romaine à la galerie AOCF58, Bruno Lisi, intitulée « À fleur de peau », l’artiste choisit de nous présenter ses travaux récents de terre cuite et de porcelaine plus quelques peintures appartenant à la série des Cibles. Ces réalisations sensibles, qui entendent faire de l’œuvre d’art un signe à la fois tangible et ouvert, sont une captation de la réalité, envisagée notamment sous l’angle des émotions.